DU RAPPORT A SOI ET A L’AUTRE

DU RAPPORT A SOI ET A L’AUTRE by Frederic Malbois

Comment rendre une contrainte élastique ?

Ma voiture a été emboutie il y a quelques jours devant la maison. Durant la nuit, le frein de la voiture d’un voisin a lâché. Ledit voisin s’est excusé, gêné. Nous avons rempli un constat à l’amiable.
J’ai pris contact avec mon assureur. Homme charmant qui m’explique la procédure. Jusque-là, va bene. Du temps passé à ce sujet de tôle froissée, je m’en accommode.
J’appelle ce matin le garage (fermé le lundi) pour prendre un rendez-vous, déposer ma voiture, récupérer un véhicule de prêt le temps de la réparation. Et là…
Mon interlocuteur m’annonce que je dois passer pour qu’il prenne des photos (il ne veut pas des miennes), constater les dégâts, consulter éventuellement un expert… et que je devrais revenir une seconde fois quand la pièce à remplacer sera arrivée !
Et là tout d’un coup, je sens un poids sur les épaules : ça me gonfle grave !

J’avais prévu d’écrire sur les « contraintes » en prenant comme exemple un adolescent de mon entourage, qui n’arrive pas à apprendre son code de la route. Résistance à l’apprentissage théorique ! J’avais déjà constaté ce phénomène générationnel en donnant des cours dans un IUT (Institut Universitaire de Technologie) : je devais passer par la voie du « divertissement » si je voulais que les étudiants retiennent quelque chose de mon enseignement. Fin de la parenthèse.

Comment rendre une contrainte élastique, c’est-à-dire respirer dans la contrainte, retrouver sa place dans un cadre oppressant ?
Si le garagiste m’avait dit « je comprends bien, Cher M. Malbois, c’est vraiment ennuyeux de vous faire déplacer deux fois… », le poids ressenti dans mes épaules se serait dissipé ou pour le moins allégé.
La reconnaissance de l’autre. Du besoin de l’autre. Ce qu’on travaille en Communication non Violente.

Dans la « vraie vie » (en dehors des séminaires de développement personnel) peu de personnes sont attentifs au besoin de l’autre, surtout si l’autre ne les exprime pas.
Mon mécontentement (j’ai soufflé comme une bête dans le téléphone), il l’a entendu.
J’ai aussi, après coup, ressenti une injustice : ce n’est pas mon voisin étourdi qui a oublié de serrer son frein à main, qui va se taper les allers et retours et autres temps d’attente dans un garage alors que je me contrefous de l’univers mécanique. Dans un salon de massage, je ne dirais pas…

Comment rendre une contrainte élastique ?
Pour vous, comment ça se passe ? Quel est votre élastique ? Sa taille, sa couleur…
Pour moi, c’est le plaisir. L’amusement. J’éprouve du plaisir à écrire ces lignes, qui m’aide à mettre à distance la contrainte… si je veux récupérer une voiture à l’arrière présentable.
Peut-être même que j’en profiterai pour aller manger quelques frites à midi ? Un peu tôt pour une bière… encore que ! Je suis en Belgique !

Tu veux ou tu veux pas ?

Avant l’été, j’ai mis en vente sur le site Leboncoin une ancienne paire de lunettes de soleil Matsuda années 1990.
Pas d’écho. J’ai baissé le prix. A nouveau. Et encore.
Toujours pas d’écho. C’était avant les vacances.

Aujourd’hui, un message. Une personne intéressée mais à 100€. Moindre que le dernier prix annoncé de 250€.
Je veux m’en débarrasser.
Je réponds « ok pour 100€ + les frais postaux à votre charge »
Je reçois un ok. Plus une batterie de questions « est-ce que la marque est bien inscrite sur la monture ? » « Verres petits ou grands ?» « Est-ce que les verres couvrent bien l’œil ? » «Auriez-vous d’autres photos ? » « Les branches de la monture sont-elles d’origine ? » Etc.
Je réponds à chaque fois.
Nouvelle question « Seriez-vous d’accord pour un prix global à 100€ ? »
J’ai senti de l’agacement.

Dans vos vies, quand ressentez-vous qu’il est temps de dire STOP ?

« C’est 100€ + frais de poste en supplément ».
« Ok. C’est d’accord. Pourriez-vous quand même m’envoyer d’autres photos ? »

Je n’ai pas répondu. Fin du jeu des questions-réponses, stimulant pour renforcer sa capacité à dire Non.

Et entre nous, vouloir acheter des lunettes sans les essayer faut être un peu c.

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